mardi 21 octobre 2008

AU LOUP!



À force de croire au loup
De lui donner du plaisir
Nous finirons à quatre pattes
Nous donnant du plaisir
En se forçant à croire.

E.P

(Extrait de "Les loups et les hommes" 1995-1997)

CRIS DE GUERRE N°5

Donnez votre avis... Il vous sera rendu !

E.P

jeudi 16 octobre 2008

vendredi 10 octobre 2008

BRAVO

I

Voyez l’émissaire grippé sur un gril de fortune méritoire et grisé comme les gibets du sable en hiver qui de leurs hymnes sirotent les sucreries que nous offre le charmant animal au champ pervers comme à chaque fois qu’il se recueille requérant de multiples formes à nous contrecarrer le pointillé du voyant ludique.

Et si une vieille humeur comme parfois l’on en condamne dans cette région qui est tout un cœur noircit à l’extrême qui ne s’en plaint jamais avant qu’un retard bien crevé où son âme si garante d’une fraicheur qui désarme ne fait que l’en priver comme une rançon.

Mais trépassant son clou il s’en verra de nouveau chassé à n’en plus finir ainsi qu’une poussière qui se repeint les doigts qu’il déglutine tandis que son clan pleure comme une éternelle chandelle sans reflet au plan préparé sous le gras de son dos qu’il plisse plein d’amertume d’autant qu’il se gagne sans prix puis se referme sur lui.


II

Alors les étoiles au large de notre avenir lui offrent leurs caresses signalant de tant de volonté et de regards lippus aussi haut qu’un arbre tricolore alertant son martyre des sources trop poilues que le prieur exténué cuit aux sons d’une quarantaine de poissons malingres prenant le risque éternel qu’une face en cache une autre dans un ensemble où la révolte armée d’un centaine de frondes que son corps amoindris lui rendait en cauchemars l’isolerait de la peur dans de larges menaces.


III

Quoique soyeuses et filantes les choses au préalable irriguent le semis de nos hydres bicéphales nous réunissant enfin sous toutes ces contraintes écervelées pour une petite idée sommaire et lascive qu’en payant les larcins un répugnant condor mange sur un sommet d’argent.

C’est là que les limaces avides bravent toutes les garnisons avec un regard tendre d’immatérielles pesanteurs tendues comme un arc de noyades qu’elles voient venir à elles sur les grains de beauté.

Cette lassitude de mule qui parcoure les landes dans un grattement excité par la mocheté des visions et le cours de sa fuite comprend en silence les refrains fatigants sachant qu’on en mourra.

E.P

CRIS DE GUERRE N°4

Allez toujours dans le sens inverse de la flèche!

E.P

mardi 7 octobre 2008

LÉGER PANORAMA D'UN SENTIMENT HUMAIN

Et je l’ai souvent dit:
Le silence est un plat de cris raides.



Alors ?
Une catastrophe est-elle possible ?
Un séisme, une dent, un étrange oripeau rugueux et ternis ?
-et-
Je retrouve la pâleur de cette promenade sans borne que limite au mortuaire la situation qu’occupe mon vivant éléphant.




Une belle nature entrevoit peu de choses…
Si ce n’est une gêne, un ennui à ne plus commettre sa vivante existence.
Le tout est d’ôter le fard.




Et puisque tout départ est une reconnaissance...
Partons comme d’un retour.





E.P


(Extrait de "Léger panorama des sentiments humains." 1995-1996)

jeudi 2 octobre 2008

ET NOUS SERONS POUSSIÈRE

Nous qui tendons à devenir comme l’ombre d’un visage qui se dessine librement sur le papier glacé.


Nous qui malheureusement sommes sous l’emprise répressive du bien.


Vieux nous seront intransigeant.


Nous serons sans forme nous dégageant ainsi des conséquences.


Nous suivrons lamentablement des voies qui s’ouvrent et se referment sans cesse.


Nous serons tous artistes et niais jusqu’à l’écœurement.


Nous nous battrons pour des visions d’ignorants.


Nous serons des ânes aveugles ou des chiens enragés.


Nous regarderons aussi loin que possible ne voyant plus que des hommes semblables.


Le temps sera sempiternellement là.


Nous connaitrons alors l’impatience de la perte.


Nous serons orgueilleux comme notre art.


Nous ne serons plus vraiment ni de chair ni de sang.


Nous serons hallucinés et mystiques.


Nous serons une idée fausse qui se cherche en vain une passion.


Nous serons loin des évidences et de la multitude.


Nous serons dégagés de toutes nos responsabilités.


Nous serons poussière.




E.P

( Texte extrait de "Choses et autres choses" 15/02/1995. Dessin, 2001)